Parc aquatique «Water country»

 

Nico

Un écho de l’enfance déformé par les labeurs du présent, un refrain obsédant d’un jingle de parc aquatique, altéré par des rêves technocratiques et superposé délicatement sur des images presque immobiles, comme des oiseaux nouveaux- nés ou à l’agonie.

Je voulais embellir cette œuvre audiovisuelle, la parer de joyaux, de sens cachés, d'amour et d'efforts. Mais, tout comme je suis pris dans la course capitaliste du travail, je laisse mon œuvre telle qu'elle est et trouve la paix dans sa « nature inachevée ». Pour moi, elle est à la fois un exutoire créatif et le reflet d’un parcours réaliste à travers le monde.

Parfois, il faut savoir regarder ses œuvres, ses créations, ses récits de vie pour ce qu’ils sont : des réalisations imparfaites, jamais pleinement abouties, tout en éprouvant une gratitude et une admiration sans bornes pour leur simple existence. L’imagerie évoque des étaleurs de ciment, de la viande hachée, et le fameux jingle du parc aquatique de la Nouvelle-Angleterre Water Country, où l’on répète indéfiniment le mot water country — Dieu seul sait pourquoi. Étrangement, l’anxiété et la panique que suscite une telle répétition ont sur moi un effet apaisant.